Dans ma vie de tous les jours, j'aime beaucoup écrire. J'ai surtout l'habitude de parler de ma propre vie, mais l'envie de composer une histoire inventée de toutes pièces me rongeait depuis un certain temps. C'est donc comme ça que l'idée d'écrire "Quand la réalité dépasse la fiction" (qlrdlf) est née. C'est avec joie que je vous présente le premier chapitre de cette fiction. Ce serait très apprécié que vous y laissiez vos commentaires, question de connaître votre appréciation. Merci.
Cinq ans. Ça faisait cinq ans que nous n'avions pas eu de discussion censée, autre qu'un minable petit « Salut ! Ça va ? ». Pourtant, nous avions passé le même nombre d'années à partager un amour vrai, inconditionnel, indescriptible, que j'irais même jusqu'à qualifier de parfait. J'ai aimé cet homme, ou plutôt cet adolescent à l'époque, comme je n'ai jamais pu aimer par la suite.
J'avais toujours rêvé de devenir chanteuse ; avoir mes chansons et les propulser à travers le monde. Lui aussi. Il en faisait même son métier à temps partiel. Puis, cette opportunité m'est enfin arrivée. Un contrat avec la prestigieuse maison de disques « Atlantic Record », ça ne se refuse pas. Il m'avait toujours encouragé à réaliser mes rêves. Malheureusement pour nous, je devais quitter notre Ile Bizard, où nous avions cohabité pendant trois ans. Parce que oui, par amour et avec l'immense collaboration de nos parents, nous avions passé la dernière année de notre secondaire ensemble, à la même école, mais nous étions aussi, désormais soudés dans le quotidien. Nous avions vingt ans lorsque le drame est survenu. Dire adieu à ce grand amour fut la chose la plus difficile à laquelle j'ai dû faire face. J'ai pleuré pendant des mois...Juste à y repenser, ça me fait mal...Je ne crois pas m'en être tout à fait remise...
Après quelques années dans le milieu du show-business, j'ai décidé de tirer ma révérence, tout simplement parce que j'avais envie de relever de nouveaux défis, d'avoir une vie normale. Je voulais retourner à l'Ile Bizard pour de bon, tandis qu'Il accomplissait à son tour, le rêve que nous avions en commun.
Menant une petite vie tranquille, j'étais par contre toujours un peu sous l'emprise de ma « célébrité antérieure », si je peux l'appeler ainsi. Raison de plus pour être un oiseau de nuit, moi qui adorait cette ambiance particulière, habitée par la tranquillité. Prendre des marches à ces heures me permettait de me retrouver face à moi-même. Le seul moment où je pouvais voir clair dans mes idées.
J'avais toujours eu l'habitude, depuis que j'étais revenue à Montréal, de prolonger mon trajet jusqu'à la maison où j'ai tant été heureuse. J'avais beau vouloir me convaincre du contraire, Il me manquait. J'avais besoin de sentir cette présence, si rassurante, même s'Il était à l'autre bout du monde. Un premier amour, ça ne s'oubli pas...surtout pas un comme le nôtre.
C'était un samedi soir d'automne comme les autres. J'avais décidé, comme à tous les jours, d'aller marcher, question de permettre à mon corps et à mon esprit de se vider de tout négativisme, avant d'aller dormir. Suivant mon chemin habituel, quelque chose attira mon attention lorsque je suis arrivée devant mon ancienne maison. Il n'y avait aucune voiture dans la cour, excepté cette Jetta noire, qui ressemblait étrangement à Sa voiture.